Selon le Département américain pour l’Agriculture (USDA), une légère baisse de la consommation mondiale de coton constaté ces derniers mois a probablement été influencée par les récentes réductions des prévisions de l’activité économique mondiale en 2018 et 2019.

En effet le Fonds monétaire international (FMI) a réduit ses prévisions de croissance du PIB mondial en 2018 et 2019 de 3,9% à 3,7% (estimations d’octobre 2018). L’incertitude entourant le différend commercial entre les deux plus grandes économies du monde, Etats-Unis et Chine, peut également être un facteur contributif. 

Au niveau des pays, les changements les plus importants concernant l’utilisation des usines ont été observés en Chine (-1,0 million de balles, de 42,5 à 41,5 millions), au Pakistan (-200 000, de 10,8 à 10,6 millions), en Turquie (-100 000, de 7,1 à 7,0 millions) et l’Ouzbékistan (-100 000, de 2,8 à 2,7 millions).

Alors que le marché est encore à quelques mois du point de publication des premières estimations pour la prochaine campagne 2019/20, plusieurs développements semblent prévisibles. Comme cela a été le cas ces dernières années, les prix du coton sont attractifs par rapport à ceux des cultures qui se font généralement concurrence pour la superficie cultivée en coton. Cela suggère que la superficie totale consacrée au coton, et potentiellement la production mondiale, pourrait augmenter.

Comme diverses conditions de croissance difficiles dans le monde l’ont prouvé en 2018-2019, la superficie à elle seule ne détermine pas les récoltes. Les conditions météorologiques restent inconnues. Néanmoins, au moins un défi majeur lié au climat de la saison en cours a diminué. La sécheresse dans l’importante région de l’ouest du Texas, aux États-Unis, a été éliminée par les précipitations ces derniers mois. Un retour à des conditions d’humidité suffisantes dans l’ouest du Texas pourrait ajouter quelques millions de balles à la récolte mondiale l’année prochaine. Par rapport à 2018-2019, il est également possible d’améliorer les conditions de croissance en Chine, en Inde, au Pakistan et en Australie.

Un nouveau facteur à prendre en compte pour 2019/20 est donc la menace d’un ralentissement de la croissance économique, qui pourrait entraîner un ralentissement de la croissance de l’utilisation des usines. À l’heure actuelle, le FMI s’attend à ce que la croissance économique mondiale se maintienne à un niveau proche de son niveau récent. Les révisions à la baisse du PIB mondial effectuées par le FMI ont mis à plat les prévisions antérieures qui préconisaient une accélération de la croissance et suggéraient plutôt une croissance régulière. Bien que les dernières prévisions soient moins optimistes, les taux de croissance estimés de 3,7% représentent toujours les taux d’expansion les plus forts depuis 2011.

La combinaison attendue d’une augmentation de la production et d’une croissance plus lente de l’utilisation du coton lors de la prochaine campagne pourrait avoir des implications pour les stocks mondiaux, et donc pour les prix.  Au cours des quatre dernières années, les stocks mondiaux ont eu tendance à baisser, notamment en Chine.

Dans le même ordre d’idées, les questions centrales en matière de prix en 2019/20 ont trait au commerce. Plus précisément, la Chine commencera-t-elle à augmenter considérablement ses importations et quelle sera l’issue du différend commercial entre les États-Unis et la Chine? Jusqu’ici, le déplacement de l’offre en dehors de la Chine n’a pas eu d’effet à la baisse significatif sur les prix. Cela est peut-être dû au fait que le marché avait anticipé une augmentation des importations chinoises.

Si les importations en provenance de la Chine n’augmentent pas comme prévu, une nouvelle accumulation de stocks parmi les exportateurs pourrait faire baisser les prix. Si les importations chinoises atteignent le volume nécessaire pour stabiliser les stocks chinois, ce qui implique un niveau d’importations égal au déficit de la production nationale de la Chine (14,5 millions de balles pour 2017/18), les prix devraient évoluer dans le sens opposé.

Source: https://www.cottoninc.com/– décembre 2018