Le formateur et membre du bureau exécutif de la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (Cnpc), Oumarou Youssoufa, a annoncé que le prix du kilogramme d’«or blanc» passera de 227 à 245 FCFA.Interrogé par APA, il a précisé que cette augmentation sera couplée à la revue des prix des engrais, dont le sac passera pour sa part de 20.500 à 18.000 FCFA.

«Cette embellie, a-t-il expliqué, survient après deux années particulièrement difficiles, au cours desquelles la Société de développement du coton (Sodecoton) a abandonné la production dans la nature, créant un manque à gagner inestimable aux planteurs et à elle-même, une perte que les estimations situent à 25.000 tonnes de coton graine».

Selon lui, les choses vont beaucoup mieux avec l’arrivée, en juin 2016, d’une nouvelle équipe à la tête de cette entreprise.

Toutefois, il a déploré l’insécurité qui règne dans plusieurs zones de production de l’Extrême-Nord, frontalières avec le Nigeria et qui ont été abandonnées du fait des attaques de la secte islamiste Boko Haram, qui a pillé les récoltes et brûlé des champs.

Interrogé sur le phénomène de vente clandestine du coton au Nigeria, plutôt qu’à la Sodecoton qui verse des subventions aux producteurs et les encadre, Yousoufa a expliqué que ceux qui écoulent clandestinement leur production dans ce pays voisin sont exclus du circuit pour la campagne suivante, et finissent par manquer d’intrants.

«Ce qui est dénoncé est conjoncturel, et a eu lieu au moment où l’offre de coton était grande sur le marché international. Au Cameroun, on fixe le prix avant de produire et, si le prix entre-temps a augmenté sur le marché mondial, il existe un système de compensation», a-t-il fait remarquer.

A son avis, les producteurs situés dans la zone frontalière avec le Nigeria sont acculés par des réseaux de spéculateurs possédant des bascules trafiquées.

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L’organisation des producteurs, a affirmé Oumarou Youssoufa, procède actuellement à une campagne de sensibilisation accrue à l’endroit des planteurs, afin de ne plus vendre leur production à des individus véreux.

Au sujet de l’envahissement du marché camerounais par du textile asiatique, il note que la Cotonnière Industrielle du Cameroun (Cicam) ne transforme que 2% de la production locale, précisant toutefois qu’une stratégie a été mise en place en vue de la multiplication des unités de transformation, de manière à parvenir à un taux de 30-35% de traitement à l’intérieur du pays.

«Cela veut dire qu’il faut créer des industries, inciter Chinois, Indonésiens et autres industriels du secteur à venir s’installer au Cameroun afin de créer des emplois et de la valeur ajoutée», a-t-il dit.

S’agissant de l’introduction, annoncée depuis 5 ans, du coton transgénique dans la production, Oumarou Youssoufa a souligné qu’elle se trouvait encore à sa phase expérimentale, avec l’étroite implication de l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD), du Comité de biosécurité, des ministères de l’Environnement et de la Recherche scientifique, de la Sodecoton et même des producteurs.

Il précise que le coton transgénique qui avait été expérimenté au Burkina Faso, par exemple, n’est pas le même que celui qui est testé au Cameroun, mais «toujours est-il que la décision finale reviendra aux scientifiques et au gouvernement».